Pourquoi inviter le beurre à votre table?

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On pense bien connaître le beurre, lui qui trône dans le réfrigérateur québécois depuis toujours. Mais au-delà de son goût et de ses talents pour rehausser tous les plats, que sait-on vraiment de ses propriétés nutritives? Corps gras polyvalent, le beurre présente aussi de belles qualités qu’on gagne à mieux comprendre. Quelle place tient-il dans une alimentation saine, et comment s’y intègre-t-il vraiment? On fait le point sur les bienfaits et les mythes entourant ce produit chouchou des foyers québécois, avec l’aide de la nutritionniste Karine Gravel.
Le gras a souvent mauvaise réputation, mais est-ce que ça veut dire qu’il n’a pas sa place dans l’alimentation?
« Les lipides jouent un rôle majeur dans notre corps : ils fournissent de l’énergie et servent à nous protéger des températures extrêmes et des chocs. Les lipides - et ce n’est pas banal - font partie de la structure de nos membranes cellulaires », explique Karine Gravel. Tous les gras ne sont pas pour autant essentiels, précise l’experte :
- Les acides gras monoinsaturés et polyinsaturés (qu’on retrouve entre autres dans les poissons, les noix, les graines et les huiles végétales) ont des effets bénéfiques reconnus.
- Les acides gras saturés et trans sont eux associés à un plus grand risque de maladies cardiovasculaires, d’où la recommandation d’une consommation limitée.
Un détail technique, mais utile à savoir : peu importe leur composition, tous les lipides fournissent la même quantité de calories, soit 9 calories par gramme. « Ce sont les effets sur la santé qui sont différents », précise la nutritionniste. C’est d’ailleurs pour cette raison que les recommandations canadiennes s’attardent autant à la quantité qu’à la qualité des lipides consommés.
Quels nutriments retrouve-t-on dans le beurre?
Le beurre, c’est essentiellement 82 % de matière grasse d’origine laitière (80 % pour la version salée), 16,5 % d’eau et 1,2 % de solides non gras (protéines, lactose et minéraux).
La majorité des lipides qu’il contient sont saturés, mais une petite proportion est composée d’acides gras trans naturels (de 2 à 5 % des lipides totaux). La nuance est ici importante car, comme le note Karine Gravel, « ces deux types de lipides sont généralement associés à une hausse des taux de cholestérol sanguin, mais les études tendent à démontrer que l’apport en certains acides gras saturés et en acides gras trans naturels provenant des produits laitiers ne serait pas nocive pour la santé cardiovasculaire ».
Côté sel, le beurre demi-sel en contient environ deux fois moins que le beurre salé.Et consommé avec modération, le beurre salé contribue peu à l'apport quotidien en sodium.
Le beurre aide-t-il à mieux absorber certaines vitamines?
« L’absorption des lipides alimentaires dans notre corps favorise celle des vitamines liposolubles, qui sont elles aussi de nature lipidique », explique la nutritionniste. À l’inverse, une alimentation sans lipides pourrait nuire à l’absorption de ces vitamines. Le beurre a d’ailleurs cet avantage supplémentaire d’en contenir lui-même : « Le beurre contient des vitamines liposolubles A, D, E et K. »
Mythes, réalités et tendances
Le beurre fait-il plus engraisser que l’huile?
« C’est faux! », tranche d’emblée Karine Gravel. « Aucun aliment considéré seul n’a le pouvoir de nous faire engraisser. C’est l’ensemble de nos comportements et habitudes alimentaires, notre génétique et notre environnement qui influencent notre poids. » Le nombre de calories et la quantité de lipides sont d’ailleurs similaires entre le beurre et l’huile. Ce qui diffère, à plus long terme, c’est plutôt l’effet sur la santé lié à leur composition respective en acides gras.
As-tu un conseil pratique pour intégrer le beurre de façon équilibrée au quotidien?
Il n’y a pas de recette magique ici; c’est plutôt une question de vision d’ensemble. « Aucun aliment ne fait à lui seul l’objet d’une recommandation pour avoir une alimentation équilibrée. On considère plutôt la proportion des différents regroupements d’aliments, soit les légumes et fruits, les aliments protéinés et les grains entiers. »
En bref, ni superaliment, ni ennemi, le beurre à sa place dans une alimentation équilibrée et diversifiée. Et consommé de façon raisonnable, on peut en profiter sans complexe ni culpabilité. Comme le rappelle Karine Gravel, aucun aliment ne fait à lui seul une alimentation saine ou malsaine, c’est l’ensemble qui compte.
Karine Gravel, c’est qui?
Diététiste - nutritionniste, Docteure en nutrition
Karine Gravel est l’autrice des livres à succès « De la culture des diètes à l'alimentation intuitive » et « T’es belle pour ton âge » dans lesquels elle partage son savoir sur la relation avec la nourriture, l’image corporelle et les normes de beauté.
« Se nourrir, se réunir, se faire plaisir » est son slogan. Elle réussit le pari de simplifier et vulgariser la science de la nutrition en adoptant une approche basée sur l’équilibre et la santé. Posez-lui toutes vos questions concernant les comportements alimentaires, le poids corporel et l’alimentation intuitive.