Gestion de l’offre : lutter contre le gaspillage alimentaire une goutte de lait à la fois

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La gestion de l’offre, c’est en quelque sorte le super pouvoir qui permet aux producteurs de lait de diminuer le gaspillage alimentaire en arrimant leur production à la demande de lait. Elle permet aussi d’éviter les surplus et les pénuries, de prévenir les fluctuations de prix et de garantir aux producteurs un revenu adéquat pour leur travail. Voyons ça de plus près.

Le lait est considéré comme un produit clé de l’économie duquel on ne peut se passer en tant que société. C’est ce qui explique qu’il est protégé par la gestion de l’offre, un modèle de mise en marché canadien qui a vu le jour en 1971.

Vite, du lait frais s’il vous plaît!

Tout d’abord, le lait remplit une mission sociale on ne peut plus importante : il contribue à nourrir la population québécoise.»

Comme le lait cru de la ferme est un produit périssable, il faut agir vite pour l’acheminer de la ferme aux usines de transformation. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui se chargent de le pasteuriser, de fabriquer et d’emballer les différents produits laitiers et de les envoyer sur les tablettes des épiceries. L’objectif : ne pas perdre une seule goutte de ce précieux élixir!

Une telle urgence d’exécution demande forcément une coordination serrée de tous les maillons de la chaîne de production. Pour vous donner une idée, en 2022, on dénombrait au Québec 4 498 fermes laitières1, toutes des entreprises familiales et indépendantes, qui mettent en marché près de 3,5 milliards de litres de lait par année. Ça prend un système résistant pour gérer ça. Et pour qu’une vache arrive à produire du lait, cela nécessite une longue planification et beaucoup de bons soins. On a donc besoin d’un système comme celui de la gestion de l’offre pour qu’absolument tout le monde y trouve son compte : le producteur, le transformateur et, bien sûr, le consommateur.

Comment ça marche, la gestion de l’offre?

Avec la gestion de l’offre, les prix sont déterminés sur la base des coûts de production des producteurs efficaces et de l’indice des prix à la consommation. Des quotas de production sont quant à eux établis en fonction de la demande des consommateurs, ce qui permet d’éviter d’importantes fluctuations de prix. On sait donc exactement quelle quantité de lait est produite chaque année, ce qui garantit un prix équitable pour les producteurs en plus d’être raisonnable pour le consommateur qui n’a pas à payer pour compenser les fluctuations. Autrement dit, avec la gestion de l’offre, on s’assure que tout le monde en ait pour son argent.

La gestion de l’offre se base sur trois éléments essentiels : le contrôle de la production, la détermination des prix et le contrôle des importations.»

La première étape est d’identifier le volume de lait nécessaire pour répondre aux besoins de la population : non seulement en lait à boire, mais aussi pour les produits laitiers comme le fromage, le yogourt, la crème glacée et tout autre délice lacté.

Le saviez-vous?

Le Québec est le champion canadien de la consommation au détail de yogourt (10,7 kg par personne annuellement) et de fromages (8,4 kg par personne).

La seconde étape? Diviser ce volume par province puis par agriculteurs détenant des quotas. Ces derniers s’engagent à produire ce que leur quota leur permet. Finalement, un prix est établi dans le but d’assurer que les coûts reliés à la production de lait des fermes efficaces soient couverts tout en respectant la capacité de payer des consommateurs. De leur côté, les importations sont contrôlées afin de laisser le plus de place possible pour nos produits locaux et de pouvoir planifier adéquatement la production.

Grâce à ça, le transformateur sait à quel volume de lait s’attendre chaque année et peut gérer son approvisionnement par période. Le consommateur, lui, sait qu’il aura toujours accès à des produits locaux de qualité à un prix tout à fait raisonnable.

En cas de surplus

La gestion de l’offre est le modèle zéro gaspillage par excellence. Lorsqu’on s’en tient à ses quotas, il n’y a aucune raison de générer des surplus et de gaspiller de la matière première : du lait.

La quantité de lait qu’un producteur a le droit de mettre en marché est calculée sur une année. Ça veut dire que s’il produit trop un mois, il peut essayer de ralentir la cadence le mois suivant.

Malgré tout, s’il se retrouvait avec un surplus de lait en ne respectant pas son quota sur une longue période, celui-ci serait quand même ramassé par les transporteurs. Seulement, ce sont les producteurs qui devraient payer de leur poche les coûts de mise en marché sans être rémunérés pour ce lait. C’est pour ça que les quotas existent et qu’ils sont respectés des producteurs. S’il y avait un surplus de lait en raison d’un enjeu dans la transformation (comme un bris d’usine par exemple), celui-ci serait offert à des organismes comme les Banques alimentaires du Québec ou des provinces voisines, comme l’Ontario.

Les producteurs pourraient-ils donc exporter leur lait? Oui et non. Puisque le lait est un produit essentiel partout dans le monde, les pays en sont bien souvent autosuffisants et très protectionnistes. L’exportation n’est donc que rarement nécessaire. Qui plus est, il est difficile de concurrencer les autres marchés en raison de subventions versées par les différents états.

La gestion de l’offre est simple, juste et durable. Ce système a fait ses preuves au fil des ans, garantissant à la population québécoise un produit de qualité, un salaire adéquat aux producteurs et surtout, limitant le gaspillage alimentaire. Une situation gagnante sur toute la ligne.

Soif d’en apprendre plus sur la production de lait au Québec? Consultez le lien suivant pour en découvrir plus sur la gestion de l’offre et tout ce qui s’y rattache.

Sources :

  1. Producteur de lait du Québec (2023). La gestion de l’offre et la mise en marché collective du lait. https://lait.org/wp-content/uploads/2023/04/Brochure_FR_2022-1.pdf

  2. Gouvernement du Québec (2023). Gestion de l’offre. https://www.quebec.ca/agriculture-environnement-et-ressources-naturelles/agriculture/industrie-agricole-au-quebec/gestion-offre

  3. Producteurs de lait du Québec (2022). AGA des Producteurs de lait du Québec : bilant annuel 2021 et début 2022 du marché laitier. https://www.newswire.ca/fr/news-releases/aga-des-producteurs-de-lait-du-quebec-bilan-annuel-2021-et-debut-2022-du-marche-laitier-813081813.html#:~:text=Les%20consommateurs%20qu%C3%A9b%C3%A9cois%20restent%20les,8%2C4%20kg%20par%20habitant.

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